Le 15 aout 1971

Le 3 juin 2016, repris jusqu'au 21 octobre 2016

Vous étiez peut-être en vacances
A la mer sous les cocotiers
Moi j’étais en incandescence
Passionnée par « Le Bachelier »

La trilogie du grand Vallès
A Paris sous les toits brûlants
Accaparait je le confesse
Mon attention tous mes élans

Passer le mois d’aout à Paris
Loin de la mer du sable fin
Ressemble au sort de l’aigrefin
Pendu cloué au pilori

Quand j’entendis à la radio
L’annonce faite par Nixon
De l’abandon par cet idiot
Du dollar-or il déraisonne

En fait il n’avait pas le choix
Son tas d’or fondait à vue d’oeil
Sa politique odieuse échoua
Il avait mal au portefeuille

« Grande Société » de Johnson
Cout de la guerre du Vietnam
Provoquaient ce coup de klaxon
Faisant chanceler l’oncle Sam

Les gouvernements étrangers
Qui accumulaient les billets
Ne pourraient plus les échanger
Contre son magot qui fuyait

La mesure était provisoire
Pour ne pas trop effaroucher
L’once d’or à trente cinq dollars
Devait rester à ce plancher

On entrait dans un nouveau monde
Sans le savoir sur le moment
Toutes les monnaies à la ronde
Léviteraient au firmament

Sans dollar convertible en or
Plus de limite à l’inflation
Imprimé jusqu’à la pléthore
Il perd en considération

Plus de contrainte salutaire
De limite aux gouvernements
Dans leurs dépenses suicidaires
Leurs délirants débordements

Plus besoin de l’assentiment
Des députés au Parlement
La planche à billets follement
Fournirait les financements

Les gigantesques déficits
N’ont plus besoin d’être comblés
On crée de l’argent illicite
Sans graine pour avoir du blé

La banque ne nous connait plus
Elle peut prêter sans notre argent
Un clic de souris engageant
Aux vains dépôts se substitue

Détacher le dollar de l’or
Sonnait le glas de la raison
Nous entrions dans le décor
Nous distillions notre poison

Aucune monnaie dans l’histoire
N’a pu subsister jusqu’alors
Quand elle a perdu son pouvoir
D’être échangée contre de l’or

La banqueroute de John Law
Les assignats en perdition
Ont vacciné sans rémission
Contre ce coup d’épée dans l’eau

Napoléon l’avait compris
En créant le franc germinal
Pour la stabilité des prix
Contre la machine infernale

Véritable dévaluation
Prise avec précipitation
La valeur en or du dollar
Plongea soudain sans crier gare

Depuis ce moment fatidique
L’or est sorti de sa galère
Il vaut trente huit fois plus cher
Il défraie toujours la chronique

Nixon a battu Goldfinger
En cadenassant son trésor
Comme aidé par Pussy Galore
James Bond a évité la guerre

Mais le monde a viré de bord
Croulant sous les crédits déments
Surendetté sans un remords
En attendant l’effondrement

Quarante cinq ans de voltige
D’équilibrisme exaspérant
De spéculations de prodiges
D’enrichissement apparent

Nous avons pu vivre au-dessus
De nos moyens durant ce temps
L’illusion de richesse a su
Pervertir notre entendement

Le temps du règlement approche
La note en sera très salée
Au lieu d’une simple anicroche
On fera face à un tollé

Ce sera le prix à payer
Pour redémarrer du bon pied

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