Aperçu biographique

Tania Pétille est une authentique baby-boomeuse, née dans la Brie à la fin de la dernière guerre mondiale. Comme son nom l’indique, elle a grandi non loin de la Champagne dont elle a visité les caves étant enfant… Cette double affiliation au prince des fromages et au vin effervescent le plus apprécié au monde, la prédestinait à l’excellence dans son art dans la bonne humeur, l’amour de la vie et des bons moments qu’elle procure. Malheureusement, beaucoup d’Humains font tout ce qu’ils peuvent pour les gâcher…

Née dans un milieu modeste mais travailleur et intègre, ses origines connues plongent leurs racines en Wallonie, en Île-de-France et en Bretagne. Son grand-père maternel, belge, forgeron, naturalisé français à l’âge de sept ans, avait fait la guerre de 1914 et maniait la langue avec brio, elle l’adorait. Sa grand-mère bretonne (pays gallo) venue travailler à Paris comme cuisinière, lui récitait par cœur certaines fables de La Fontaine. Elle avait accouché de son père à l’écart de la capitale pour cacher sa « faute ». Tania ne connaît donc pas son grand-père paternel.

Elle a réalisé le projet d’ascension sociale de ses parents en travaillant comme il le fallait à l’école (non sans mal) et en obtenant le baccalauréat à Meaux où elle passa son enfance et son adolescence. Elle manifesta très tôt une attirance particulière pour les jeux avec les mots, l’art d’écrire (calligraphie), les plaisanteries verbales, les chansons. Elle écoutait avec ravissement à la radio et à la télévision les chansonniers faisant la satire des actualités et elle s’essayait même, en l’absence de maîtrise technique, à écrire en vain des textes versifiés de ce type. La réussite scolaire dépendant de l’écriture, elle se construisit patiemment un art d’écrire qui lui permit d’entreprendre des études supérieures à Paris où elle dut apprendre à se débrouiller seule, à découvrir non seulement la misère des autres, mais plus cruellement encore, à vivre la sienne propre.

Après de nombreuses vicissitudes, notamment dans la traversée des « Événements » de mai 1968, elle trouva avec difficulté sa place dans la société et réussit à gagner sa vie, grâce en particulier à ses talents d’écriture. Ayant tout au long de sa vie professionnelle peaufiné et approfondi sa connaissance de la langue française, elle se découvrit, à sa grande surprise, en état d’écrire enfin des textes versifiés sur des sujets qui lui tenaient à cœur, à peu près au tournant du XXIème siècle. « Poésie de circonstance » pourrait-on dire, mais également poèmes en général et même sonnets qui présentent le plus haut degré de difficulté du genre, tant les contraintes sont nombreuses et implacables.

Dès lors, prenant plaisir à écrire des poèmes, Tania donna libre cours à sa fantaisie, à son imagination, à son ancien vœu secret de commenter le monde comme il va, à défaut de pouvoir réellement influer sur son évolution, rêve naïf et prétentieux qu’elle avait caressé dans sa jeunesse. Tania ne s’oblige pas systématiquement à écrire des sonnets et la lectrice trouvera très vite dans ce blog bien d’autres formes poétiques, y compris des vers libres dont notre époque raffole. Malgré tout, par sa haute précision, par sa densité, le sonnet, renouvelé par Tania, constitue à lui seul tout un monde et recèle des volumes entiers: il y a là une économie de moyens et un gain de temps remarquables. Intrigué par cette résurrection du sonnet, Jean D’Ormesson, à qui Tania avait envoyé son premier recueil, l’avait directement appelée au téléphone!

Tania habite depuis quelques années à Gogoville située à mi-chemin entre Paris et Aristo-du-Bouchon, grand port de l’Atlantique. Écrasée par une médiocrité provinciale qui ne s’est nullement améliorée depuis Balzac, elle a réussi à dénicher quelques artistes de valeur qui constituent désormais son entourage amical privilégié. Elle a fui délibérément la capitale, Babylone devenue invivable depuis des décennies, considérant cette énorme ville inhumaine comme définitivement perdue et dans l’attente de l’effondrement final qui la détruira tout à fait.

S’étant libérée d’obligations professionnelles, Tania Pétille peut enfin donner libre cours à sa gouaille, à son inventivité langagière, à son humour, à son espièglerie, à l’application au monde actuel des données issues de sa vaste culture, à ses analyses géopolitiques et même financières et monétaires, sujets ingrats que la cruauté des temps imposera au public de creuser un jour ou l’autre. Dans son rôle assumé de vulgarisatrice et de prophétesse, elle met ainsi à disposition des lecteurs, quelques moyens rapides d’accéder à l’essentiel pour comprendre notre époque. La poésie n’a jamais eu d’enjeu plus louable et de tâche plus noble. Aux lecteurs d’en faire leur profit et de ne pas passer à côté de la chance qui leur est ainsi offerte.

Les sujets les plus divers sont abordés par Tania à travers ses poèmes qui sont publiés dans leur ordre chronologique de début d’écriture. L’ensemble finit par composer une sorte de chronique plus ou moins désinvolte mais toujours pertinente et documentée en profondeur. On passe ainsi d’humbles faits de la vie quotidienne à des évènements parus dans les médias auxquels Tania réagit. Aucun sujet n’y est tabou aussi délicat et problématique soit-il. « Tout ce qui est écrit là-dedans est vrai » a commenté un jeune lecteur. Ce blog devrait permettre à tout un chacun d’exprimer son opinion à ce sujet. Si l’Humanité subsiste, l’histoire dira si elle avait ou non raison.

Tania livre à l’occasion dans ses poèmes, pour les lecteurs attentifs, un certain nombre d’informations sur sa vie personnelle, que les curieuses pourront rechercher. C’est ainsi qu’elle ne cache pas une attirance pour les personnes de son sexe ainsi qu’un réservoir inépuisable de références littéraires et philosophiques qui donne de la profondeur à ses réflexions et du relief à ses observations. Par petites touches se révèle ainsi un portrait de notre poète qui n’a pas fini de nous étonner et de nous surprendre.

Alain Le Petit