C’est une chose étrange à la fin que le monde

Ecrit le 12 décembre 2016

Roman de Jean D’Ormesson, éd. Robert Laffont.

Dans ce livre, Jean D’O. concurrence la Bible à la manière de Voltaire dans « Candide », en retraçant l’histoire du monde et de la philosophie. Il nous livre un bain de jouvence philosophique dans une écriture parfaitement équilibrée, équanime, posée, rassurante, avec des transitions dans la grande tradition rhétorique française. Après avoir, si l’on peut dire, tout lu et tout expérimenté, l’auteur nous livre ses conclusions et la sagesse qu’il en tire. Il nous livre une succession de définitions, pour qu’à défaut de comprendre le monde, nous comprenions comment les Humains le comprennent à travers le filtre du langage.

Dense et très bien documenté, le livre apparait comme une somme colossale sur la philosophie, l’histoire, la géographie, les arts et les sciences. Ce bilan d’une vie de philosophe peut servir d’initiation formidable à la philosophie pour celles qui voudraient s’y lancer. L’auteur ne craint pas d’énoncer des paradoxes et de souligner les contradictions du monde. Il prend beaucoup de distance par rapport à lui-même (humour) et s’exprime dans un style allègre, impertinent et léger. Certaines pages pourraient être revendiquées par Voltaire malgré le parti-pris optimiste général de l’ouvrage. Jean d’Ormesson reste avant tout professeur de philosophie et s’attache à mettre en valeur tous les auteurs par-delà leurs contentieux dans un unanimisme qui se veut rassurant. Ce n’est pas « tout le monde il est beau tout le monde il est gentil » mais on s’en rapproche…

Un livre magistral, à lire et à relire.

 

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