Présentation

Cette rubrique est destinée à renseigner les lecteurs curieux des techniques utilisées par Tania pour la production de ses poèmes. Comme il s’agit essentiellement de versification, l’accent sera porté sur cet aspect bien connu et peut-on dire cardinal, de la forme poétique. Néanmoins, la question des vers dits « libres » sera également abordée, ne serait-ce que pour assoir les critères de leur authentification comme relevant de la poésie véritable. En effet, dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres à l’époque contemporaine, la fumisterie et l’escroquerie pullulent à tous les étages… Bien entendu, versifier et faire de la poésie sont également des choses très différentes et Tania n’est pas dupe, comme on peut le constater dans le poème suivant, écrit en vers libres :

Non je ne suis pas poète…

J’écris des vers c’est très différent

Tant pis si c’est difficile

Je suis prisonnière des formes anciennes

Les souvenirs d’école me hantent

Je suis une technicienne du vers

Pas forcément adroite experte

Certaines de mes rimes semblent forcées artificielles

On sent le travail

Et puis cette absence de ponctuation…

 

Je suis entravée dans mon écriture

Je ne suis pas aussi forte que les poètes contemporaines

Libérées des contraintes

Qui écrivent au fil de la plume

Ce qui leur passe par la tête

Je ne m’épanche pas sur mes souffrances

Je ne me lamente pas sur mon destin

Je n’étale pas mes inclinations mes répulsions

Encore que…

 

J’ai surtout le souci du sens

De vouloir dire quelque chose

D’éclairer un tant soit peu mon prochain

Mais le lecteur n’en a cure

Il veut s’évader imaginer

Décoller de la réalité

S’envoler vers les cimes

 

Je ferais mieux d’abandonner mes illusions

D’oublier tout ce qui me tient à coeur

Pour mieux me perdre…

 

La technique de la versification repose principalement sur le décompte des syllabes (métrique) et les correspondances entre les sonorités (consonances) pour former des rimes, des répétitions, des rappels etc. Cela nécessite une connaissance approfondie à la fois du système phonologique et du système graphique du français pour être totalement maitrisé. Nous en proposerons progressivement un tableau abordable et simplifié (sans être dénaturé) dans cette partie du blog.

La technique, pour importante qu’elle soit dans une oeuvre d’art, est une condition nécessaire mais non suffisante. Des innovations et des subversions sont constamment apportées par les artistes à ce sujet et Tania n’échappe pas à la règle. Elle apporte son lot de modifications (telle que l’absence de ponctuation, déjà prônée par Apollinaire) et déstructure à l’occasion la syntaxe de ses phrases, ce qui place le lecteur en situation de recherche, sans que le sens ni la logique ne soient remis en cause. De plus, elle renouvelle considérablement la langue en introduisant un certain nombre de néologismes, en utilisant des formulations actuelles  populaires ou argotiques qu’elle valorise, en fuyant les anglicismes pédants et inutiles, en redonnant à la langue française sa noblesse, sa clarté dans l’expression de l’humaine condition. En poésie, le plaisir de la lecture, le jeu des sonorités, la superposition des sens, les émotions ressenties, l’élégance et la légèreté des formes, la pertinence et la profondeur du propos sont des facteurs primordiaux de réussite et d’intérêt pour les lecteurs… Ces bouleversements sont compatibles avec le respect des règles dans le cas de formes très codifiées telles que le sonnet par exemple. La poésie de Tania se caractérise ainsi par une très grande lisibilité et accessibilité, tout en intégrant les plus exquises finesses et les particularités les plus savantes du lexique francophone.

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